ÉDITORIAL. Éradiquons le harcèlement en entreprise

ÉDITORIAL. Éradiquons le harcèlement en entreprise

28 mai 2019 0 Par Jonathan Banuelos

Ces derniers mois, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer un phénomène de plus en plus présent dans notre environnement professionnel. Longtemps relégué au second plan, le harcèlement au travail n’en demeure pas moins un délit destructeur sur le plan physique et psychique. L’essor des mouvements comme #BalanceTonPorc et #MeToo est un premier pas dans la mise en lumière de ces agissements. A cette heure, les témoignages affluent enfin. Encore insuffisant selon nous.

Depuis sa création, Yaazzz s’engage pour le bien-être des salariés au bureau. De notre point de vue, la qualité de vie au travail est une condition indispensable à l’épanouissement de l’employé. Un bonheur qui peut rapidement tourner au cauchemar suite aux actions d’un ou plusieurs collaborateurs. Brimades, commentaires, reproches, dévalorisation, isolement, autant de faits et gestes à même de vous blesser et vous rabaisser. Un cercle vicieux s’installe. Dans 30% des cas, les victimes se résignent par peur des représailles. En dépit des difficultés, il vous faut lutter contre cet engrenage. Plus facile à dire qu’à faire, assurément. Toutefois, n’hésitez pas à entamer des discussions avec l’auteur(e) des faits ou la hiérarchie et ce, en présence d’un tiers. Subir laisse la porte ouverte à la répétition de ces agissements. Dans le cas contraire, votre réaction installe un rapport de force et des limites à ne plus franchir. Si aucun changement n’est perceptible après une tentative de médiation, ne tardez pas à vous manifester par écrit, auprès d’un avocat notamment. La loi est de votre côté.

Dans 5% des cas uniquement, les affaires de harcèlement au travail sont portées devant la justice. La raison ? La difficulté à identifier et prouver le harcèlement. En effet, chacune de vos accusations se doit d’être appuyée par des preuves photographiques et écrites. Relevez dans un carnet la fréquence des agissements, l’heure, la date et les témoins présents. Gardez précieusement les mails et autres post-it déposés sur votre bureau contenant des propos déplacés ou excessifs. Faites une copie de tous les documents preuves d’une différence de traitement. De plus, les attestations de témoin direct ou les certificats médicaux ont également une valeur juridique. Malheureusement, nombre de harceleurs s’efforcent de ne laisser aucune trace de leurs méfaits. Malgré le sentiment d’impuissance, ne tentez pas de piéger ou enregistrer l’auteur(e) des faits à son insu. Ces preuves sont irrecevables devant un tribunal civil dont le Conseil de prud’hommes fait partie. Une aberration selon nous. A coup sûr, l’admission de ces preuves dissuaderait les prédateurs d’agir de la sorte. Il vous est impossible de prouver le harcèlement ? D’autres fondements juridiques comme l’inégalité des traitements, la mise en danger et la discrimination peuvent être explorés. Peu importe votre situation, vous n’êtes pas dans l’impasse.

Depuis la Loi Travail en 2016, la présentation d’éléments de faits par le salarié suffit pour supposer l’existence d’un harcèlement au travail. Cela vous permet de disposer de moyens d’action aussi bien devant le Conseil de prud’hommes que dans le domaine pénal. Néanmoins, il est nécessaire de signaler qu’une dénonciation abusive peut entraîner des sanctions à l’encontre de la victime présumée. Pour cela, l’auteur(e) des faits doit prouver que ces agissements sont justifiés. Il faut remonter à l’orée des années 2000 pour faire état de cette jurisprudence. A l’époque, de nombreuses accusations de harcèlement furent prétextées suite à des licenciements. Afin de combler ce vide juridique, la notion de harcèlement moral est inscrite dans le Code du Travail le 17 janvier 2002 avant d’être élargie aux méthodes managériales en 2009. Depuis, peu de choses ont évolué. Ces dernières années, la libération de la parole sur les réseaux sociaux a rééquilibré la balance. Le harcèlement au travail est sous le feu des projecteurs. C’est là tout l’enjeu. Délier les langues afin que cette flamme perdure. Chez Yaazzz, votre parole compte. Vous n’êtes pas seul(e).