Qu’est ce qu’un bon manager ?

Qu’est ce qu’un bon manager ?

4 avril 2019 0 Par Jonathan Banuelos
Frederick Taylor

Avant la Seconde Révolution industrielle, de 1870 à 1945, le travail en atelier ne laissait que peu de place à l’efficacité collective. En dépit du boom industriel, la productivité reste modeste. Un ingénieur américain, Frederick Winslow Taylor, émet de sérieux doutes quant à l’organisation du travail dans les usines. Son projet ? Remettre à plat l’ensemble de la chaine de production via une double division du travail. D’un côté, une division verticale avec une distinction nette entre les ingénieurs chargés de la conception et les ouvriers chargés de l’exécution. De l’autre, une division horizontale via une répartition efficace des postes de travail. La productivité augmente en flèche, au même titre que les salaires. Le Taylorisme est né et avec lui, le management.

En France, l’ingénieur des mines Henri Fayol théorise sa propre vision de l’organisation du travail, de son vécu sur le terrain à l’émission des premiers principes généraux d’administration. Contemporains, les deux hommes s’opposent sur la direction fonctionnelle du travail. Néanmoins, les premières attributions des cadres intermédiaires voient le jour : définir les programmes, coordonner les équipes, prendre des initiatives. De nos jours, en entreprise, le manager a considérablement étoffé sa palette de compétences au point d’être l’un des éléments les plus polyvalents d’une structure. Et vous, avez-vous les qualités pour être un bon manager ?

Un lien entre le stratégique et l’opérationnel

Le manager est avant tout un professionnel capable de définir les différentes stratégies à mettre en place pour atteindre les objectifs fixés par l’entreprise. Dès lors, l’adaptation aux différents besoins de la hiérarchie est un prérequis indispensable pour être performant et productif. Autodidacte, un bon chef d’équipe peut exercer son métier dans toutes les structures, que ce soit dans une TPE, une PME ou un grand groupe. Inutile de préciser qu’il est essentiel de connaitre le secteur dans lequel il exerce. En tant que tête de file des activités, une solide connaissance du marché est une condition sine qua non du métier. Le chef de projet est à même d’effectuer des veilles sur son domaine d’activité.

Le manager agit donc comme un piston dans les rouages entre le stratégique et l’opérationnel. Véritable relai, sa capacité à s’organiser permet de fluidifier la coopération entre les différentes parties. A l’inverse, une communication maladroite retarde la mise en marche stratégique. Si l’information ne circule pas, les délais ne sont pas respectés et l’activité de l’entreprise est au ralenti. A ce titre, le manager dispose d’une gamme d’outils pour parvenir aux buts fixés, du baromètre d’engagement au tableau de bord. Piloter les performances d’une équipe passe par l’échange et la remontée des indicateurs d’activités avec la hiérarchie, plus communément appelée reporting.

Apaiser les tensions, renforcer la cohésion

Liaison directe avec le stratégique, le manager n’en reste pas moins un chef d’équipe au contact permanent de ses collaborateurs. Son habilité à jongler entre le bon pilotage de la mission et la cohésion de groupe est, à ce titre, sa capacité principale. Parmi ses activités, la quête des objectifs fixés passe par une définition de la stratégie à mettre en place. Afin d’y parvenir, ce leader doit animer, motiver et impulser une dynamique de travail. Une planification adaptée vis-à-vis de ses collaborateurs est le signe d’une considération de leur vie personnelle et familiale. En effet, la poursuite des résultats ne peut justifier l’exploitation de l’individu. L’aliénation par le travail accentue les risques de pathologies psychiques liées à l’environnement professionnel. En témoigne la recrudescence du nombre de burn-out en l’espace de cinq ans. Dans ces circonstances, le manager représente le premier interlocuteur de l’équipe et ce, afin de démêler toutes tensions ou conflits interpersonnels. Toutefois, le service des ressources humaines est le plus à même de s’occuper de ces problèmes.

En tant que responsable du process, le manager se doit d’assurer le lien entre la réalisation de la mission et le développement des compétences de ses collaborateurs. A cette fin, l’émission des objectifs individuels s’accorde avec la typologie des employés. La répartition des activités parmi les opérateurs se doit d’être juste et pertinente. Pour cela, il est nécessaire d’identifier les besoins d’accompagnement et de formation de chacun. L’écoute est une qualité de premier plan, propice au dialogue et au bien-être du salarié. Accorder cinq minutes par jour à chacun de ses collaborateurs les conforte quant à leur importance dans la structure. Avec le temps, les échanges seront de moins en moins formels pour une émancipation de la parole et l’assurance d’éviter les non-dits. Un manager à l’écoute est un manager écouté. Pour autant, une communication de qualité est un facteur essentiel pour fédérer l’équipe. Il est indispensable d’argumenter ses décisions afin de convaincre et susciter l’adhésion.

Conclusion

En résumé, être manager s’articule autour d’un ensemble de critères que ce soit sur le plan collectif et individuel. A l’échelle du groupe, il assure la transparence des informations et l’équité parmi ses collaborateurs dans la réalisation des objectifs à court et moyen terme. A l’échelle humaine, il prend en charge les entretiens annuels et professionnels, signe de son importance du point de vue relationnel. Toutefois, dans les faits, être attentif aux besoins de ses salariés est un travail quotidien. Un manque de communication influe sur l’implication de l’équipe et sa productivité. Véritable lien de cause à effet, une équipe dessoudée a une répercussion directe sur le mal-être de l’employé. Alors oui, le manager a une vocation innée pour le leadership. Il faut accepter de prendre les décisions, savoir dire non mais aussi féliciter. A ce titre, ce dernier se doit d’être exemplaire dans son métier. Enfin, dernière qualité et non des moindres, l’empathie. Etre un bon manager, c’est aussi et surtout, aimer les autres.